Le gouvernement allemand fait face à une pression croissante sur les problèmes de confidentialité entourant les lunettes intelligentes de Meta, qui ont suscité l'indignation du public et des poursuites judiciaires.
Le débat s'est intensifié après que le Centre pour les droits numériques et la démocratie a déposé une pétition exhortant les régulateurs à agir rapidement contre les appareils. Markus Beckedahl, chef de l'organisation, a accusé les géants de la technologie comme Meta d'étendre leur portée dans la vie quotidienne à travers ces gadgets.
Il a décrit un avenir où les individus sont constamment sous surveillance, avec des caméras pointant vers eux sans qu'ils en soient conscients. La pétition met en évidence les craintes que les utilisateurs puissent devenir, sans le savoir, des sujets de génération de contenu pour les plateformes de médias sociaux et du matériel de formation pour les systèmes d'intelligence artificielle.
Plus précisément, l'article 8 de la loi sur la protection des données dans les télécommunications et les services numériques (TDDDG) interdit la production, la possession ou la distribution d'appareils déguisés en objets de tous les jours capables de capturer l'image de quelqu'un sans être remarqué. Cette disposition a été précédemment utilisée pour interdire la poupée enfant "My Friend Cayla", qui avait un microphone caché. Beckedahl a souligné une divergence: alors que la Bundesnetzagentur a interdit la poupée, elle n'a pas pris de mesures similaires contre les lunettes intelligentes, malgré leur conception et leur fonction similaires. La Bundesnetzagentur, le régulateur allemand des télécommunications, ne voit actuellement aucun motif d'interdire les lunettes intelligentes de Meta.
Un porte-parole a déclaré au Frankfurter Allgemeine Zeitung que les appareils répondent aux exigences légales actuelles car la lumière LED intégrée signale clairement l'enregistrement. Bien que l'agence reconnaisse la possibilité d'une interdiction en vertu de la TDDDG, elle maintient que les modèles actuels sont conformes à la loi. Elle continue de surveiller le marché et ouvrirait des enquêtes officielles s'il y avait des soupçons de non-conformité. Cependant, certains experts, dont le responsable de la protection des données de Hambourg, Thomas Fuchs, soutiennent que l'indicateur LED n'est pas suffisant pour empêcher le tournage dissimulé, surtout compte tenu de la ressemblance des lunettes avec les lunettes ordinaires.
Le problème ne concerne pas seulement la fonctionnalité des appareils. Des inquiétudes ont émergé concernant l'utilisation abusive potentielle des images enregistrées, en particulier impliquant des femmes. Des rapports suggèrent que les images capturées par les lunettes pourraient se retrouver dans des bases de données en ligne ou être traitées par des outils d'IA conçus pour enlever les vêtements, ce qui entraînerait de nouvelles violations de la vie privée. Ces incidents ont déclenché l'alarme parmi les défenseurs des droits, qui avertissent que toute personne, qu'elle soit ivre lors d'un carnaval, en maillot de bain à la piscine ou en train de descendre les escaliers, pourrait être filmée par inadvertance.
L'organisation HateAid a récemment déposé une plainte pénale contre Meta, Ray-Ban et d'autres fabricants, les accusant d'avoir permis la collecte de vidéos non autorisée. L'affaire concerne non seulement les utilisateurs individuels, mais aussi les principaux détaillants et distributeurs, dont Fielmann et MediaMarkt.
En vertu de l'article 27 de la TDDDG, les contrevenants pourraient être condamnés à des amendes voire à l'emprisonnement. Parallèlement, des pétitions continuent de recueillir des soutiens, appelant à des protections juridiques plus fortes contre l'utilisation de ces appareils.
La Bundesnetzagentur hésitant encore à prendre des mesures décisives, la situation reste non résolue, ce qui laisse beaucoup de gens inquiets des conséquences d'une adoption généralisée de cette technologie.
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