La présence italienne au Limbourg a laissé une empreinte durable sur le paysage culturel de la région, un héritage qui remonte à près de huit décennies. Aujourd'hui, se promener dans des rues comme la Vennestraat à Genk, assister à la messe du dimanche à la Missione Cattolica, ou simplement visiter des centres communautaires comme La Baracca à Zolder évoque un sentiment d'être dans le sud de l'Italie plutôt que en Belgique.
Au cœur de cette continuité culturelle se trouve la cuisine italienne, qui était autrefois la "cuisine des pauvres" mais qui est maintenant une partie célèbre de l'identité du Limbourg. Les traditions culinaires italiennes de la région sont si profondément enracinées qu'elles ont été reconnues par l'UNESCO à la fin de 2025 comme patrimoine mondial immatériel. Cette reconnaissance souligne comment les plats autrefois préparés avec des ingrédients minimes tels que les œufs, la farine et l'huile d'olive sont devenus partie intégrante de la vie quotidienne au Limbourg. L'influence s'étend au-delà de la nourriture, imprégnant les réunions sociales, les pratiques religieuses et même l'architecture des espaces communautaires.
L'une des figures les plus importantes représentant cette tradition est Carolina Prandini, âgée de 97 ans. Elle cuisine toujours en utilisant les méthodes transmises par sa mère en Italie, conservant un lien avec ses origines bien qu'elle ait vécu en Belgique pendant plus de sept décennies.
Son approche de la cuisine, décrite comme "la cuisine des pauvres", reflète à la fois la résilience et l'ingéniosité.
L'histoire de Carolina est emblématique de l'expérience plus large de la première génération d'immigrants italiens arrivés au Limbourg. De nombreuses femmes, comme elle, ont déménagé en Belgique pour rejoindre leurs maris, faisant souvent face à des défis importants pour s'adapter à une nouvelle culture et à un nouvel environnement. Malgré ces difficultés, elles ont joué un rôle crucial dans la préservation et la transmission des coutumes italiennes, en particulier dans la sphère domestique. La cuisine est devenue un espace central pour maintenir les liens culturels, garantissant que les recettes traditionnelles et les valeurs familiales ont été transmises aux générations suivantes.
Les institutions religieuses ont également joué un rôle essentiel dans le maintien de la communauté italienne. Dans les années 1960, les migrants italiens ont créé la Missione Cattolica à Genk, une église catholique conçue pour répondre aux besoins spirituels et sociaux de la communauté dans leur langue maternelle et selon leurs pratiques culturelles.
Pour les jeunes membres de la communauté italo-belge, comme Lidia Galucci, 24 ans, la fierté de leur héritage est évidente. Ils considèrent le courage et la résilience de leurs ancêtres comme des qualités qui valent la peine d'être célébrées et portées vers l'avenir.
L'avenir de la communauté italienne du Limbourg semble assuré, soutenu à la fois par la continuité historique et par l'engagement contemporain. Avec la reconnaissance de l'UNESCO et la présence continue de monuments culturels comme la Missione Cattolica et La Baracca, l'héritage des migrants italiens est susceptible de persister pendant de nombreuses années.
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