La capacité d'Israël à exercer une domination militaire sur ses voisins ne s'est pas traduite par un leadership politique ou économique au Moyen-Orient, selon les analyses de sa position géopolitique actuelle. Bien qu'Israël ait obtenu des succès tactiques tels que le démantèlement de l'infrastructure militaire du Hamas, le meurtre des dirigeants du Hezbollah, l'occupation de certaines parties de Gaza, du Liban et de la Syrie, et l'affaiblissement significatif des programmes de missiles et nucléaires de l'Iran, y compris la mort de son dirigeant suprême, ces actions n'ont pas établi une forme stable d'influence régionale ou d'autorité basée sur le consensus.
La distinction entre la domination et le véritable leadership réside dans le concept d'hégémonie, défini par le philosophe italien Antonio Gramsci comme la capacité d'assurer la conformité par le consentement plutôt que par la contrainte. Cela signifie qu'une puissance dominante doit non seulement faire respecter sa volonté, mais aussi faire croire aux autres que leur subordination est naturelle ou bénéfique.
Malgré ses prouesses militaires, Israël n'a pas l'attrait nécessaire pour unifier la région dans le cadre de sa vision. Sur le plan économique, Israël a fait preuve de force dans son secteur de haute technologie, qui représente environ 17% du PIB du pays. Les exportations de ce secteur ont atteint un record de 57% des exportations totales au cours des quatre premiers mois de l'année dernière, et la nation est en tête au niveau mondial des dépenses civiles de recherche et développement par rapport au PIB. Cependant, ces chiffres ne correspondent pas au pouvoir de fixer les règles régissant le commerce international ou les normes technologiques.
L'industrie israélienne de haute technologie opère en grande partie dans des cadres établis par d'autres nations, en particulier les États-Unis, limitant sa capacité à façonner indépendamment les normes mondiales. Dans le domaine de la cybersécurité, Israël se distingue comme un leader, hébergeant des centres de R&D pour sept des dix premières entreprises mondiales dans le domaine.
En dehors de la cybersécurité, l'influence d'Israël diminue, révélant une portée étroite de l'impact mondial. Malgré ses avancées technologiques, le modèle économique d'Israël reste fortement dépendant de facteurs externes. Le shekel israélien n'est pas une monnaie de réserve, et la Bourse de Tel Aviv fonctionne principalement comme une extension du Nasdaq.
Pendant le conflit, l'aéroport Ben Gourion a été fermé pendant 40 jours, mais les marchés financiers sont restés relativement stables. Les principales transactions commerciales, telles que l'acquisition de Wiz par Google, ont continué même au milieu d'hostilités actives. Ces développements suggèrent que la résilience économique d'Israël dépend du soutien extérieur plutôt que de la robustesse interne. L'exode d'environ 90 000 Israéliens en 2025, dont beaucoup cherchent des opportunités à l'étranger, signale des inquiétudes croissantes concernant la durabilité du modèle économique israélien.
Cette tendance a commencé avec la crise de la réforme judiciaire nationale au début de 2023, indiquant que même avant le déclenchement de la guerre, il y avait des signes de mécontentement parmi la classe professionnelle israélienne. Le départ d'individus qualifiés reflète un problème plus profond: l'érosion de la confiance dans la direction future d'Israël.
Au fur et à mesure que la situation évolue, l'accent restera mis sur la capacité d'Israël à adapter son approche pour favoriser une acceptation régionale plus large et une croissance durable.
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