Le tribunal suprême de Hong Kong a condamné deux organisateurs de veillées annuelles commémorant la répression des manifestations en faveur de la démocratie à Pékin en 1989, marquant une nouvelle escalade dans le renforcement du contrôle de la ville sur la dissidence. Chow Hang-tung, 41 ans, et Lee Cheuk-yan, 69 ans, ont été reconnus coupables d'incitation à la subversion en vertu de la loi sur la sécurité nationale de Hong Kong. Le verdict a été rendu par le plus haut tribunal de la ville, qui a statué que les activistes avaient encouragé d'autres à se livrer à des activités illégales visant à saper l'autorité de l'État. Leurs actions, selon le jugement, visaient à mettre fin à la dictature d'un parti, violant ainsi la constitution chinoise.
Le tribunal n'a pas immédiatement précisé la peine exacte de prison, bien que les deux accusés risquent jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Pendant le procès, Chow et Lee ont nié les accusations, arguant que leur appel à un "changement démocratique" n'exclut pas la direction du Parti communiste. Ils ont maintenu que leurs efforts étaient non-violents et visaient une réforme pacifique plutôt que de déstabiliser le gouvernement.
La condamnation intervient au milieu de tensions politiques accrues à Hong Kong, où les rassemblements publics ont été de plus en plus restreints depuis l'imposition de la loi sur la sécurité nationale en 2020.
L'Allemagne et la France ont condamné conjointement la décision, exprimant leur profonde préoccupation quant aux implications pour les droits de l'homme et les libertés démocratiques à Hong Kong. Dans une déclaration commune, les gouvernements de Berlin et de Paris ont appelé à la libération immédiate de Chow, qui a reçu le prix germano-français pour les droits de l'homme et l'état de droit en 2023. L'Union européenne a également exhorté les autorités de Hong Kong à préserver l'espace de la société civile indépendante et à garantir la liberté d'expression et de réunion.
De même, Amnesty International a critiqué le jugement dans le cadre d'une campagne plus large visant à effacer l'héritage des militants de l'ère de Tiananmen, le qualifiant de "milestone sombre" dans la répression de la dissidence. Des experts universitaires ont fait écho à ces préoccupations. Urania Chiu de l'Université Oxford Brookes a déclaré à l'AFP que la décision envoie un message effrayant à la société civile de Hong Kong, signalant que même les critiques pacifiques de l'État ne sont plus tolérées. La décision reflète un modèle plus large de répression croissante contre les voix pro-démocratie, de nombreuses personnalités éminentes faisant face à des poursuites ou à des disparitions forcées depuis la mise en œuvre de la loi sur la sécurité.
L'affaire met également en lumière l'examen international croissant du système judiciaire de Hong Kong, en particulier en ce qui concerne son indépendance et son respect de la procédure régulière. Alors que le gouvernement chinois soutient que la loi est nécessaire pour préserver la stabilité, les critiques soutiennent qu'elle a été utilisée pour faire taire l'opposition et réprimer la liberté d'expression. Les condamnations de Chow et Lee soulignent les risques auxquels sont confrontés les activistes qui remettent en question le statu quo, renforçant les craintes que l'autonomie de Hong Kong ne s'érode régulièrement sous l'influence de Pékin.
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