Les scientifiques de l'Institut coréen avancé de la science et de la technologie (KAIST) de Corée du Sud ont développé un nouveau type de nanoparticule capable de déclencher des réponses immunitaires contre le cancer tout en fournissant simultanément une thérapie génique. L'innovation, décrite dans une étude publiée dans la revue Biomaterials, implique des nanoparticules polypeptidiques en forme de spirale conçues pour exploiter les vulnérabilités des défenses des cellules cancéreuses et améliorer l'efficacité de l'immunothérapie. L'équipe de recherche, dirigée par le professeur Yeu-Chun Kim du Département de génie chimique et biomoléculaire du KAIST, a conçu ces nanoparticules pour induire une forme de mort cellulaire programmée connue sous le nom de mort cellulaire immunogène (ICD).
L'ICD se produit lorsque les cellules cancéreuses mourantes libèrent des signaux de détresse appelés modèles moléculaires associés aux dommages (DAMP), alertant le système immunitaire de leur présence. Ces signaux incitent les cellules immunitaires à identifier et à détruire les cellules cancéreuses. Les nouvelles nanoparticules y parviennent en créant un stress interne dans les cellules cancéreuses, entraînant leur disparition et la signalisation ultérieure au système immunitaire. La conception des nanoparticules joue un rôle crucial dans leur efficacité. Contrairement aux nanoparticules sphériques traditionnelles, la structure hélicoïdale permet aux particules d'interagir plus efficacement avec la membrane cellulaire.
Plus précisément, les nanoparticules incorporent une amine quaternaire chargée positivement, un composant chimique qui se lie facilement aux membranes cellulaires. Lorsqu'il est combiné avec la forme hélicoïdale, cette caractéristique permet aux particules de pénétrer la membrane cellulaire comme une vis, leur permettant d'entrer dans les cellules cancéreuses plus efficacement que leurs homologues non hélicoïdiens avec des compositions chimiques identiques. Une fois à l'intérieur de la cellule cancéreuse, les nanoparticules ciblent les membranes mitochondriales et autres organites, provoquant des perturbations importantes. Cette perturbation entraîne un stress cellulaire sévère, entraînant finalement la libération de DAMP.
Ces signaux agissent comme un phare pour le système immunitaire, attirant l'attention sur les cellules cancéreuses précédemment non détectées et initiant une réponse immunitaire. En plus de déclencher la reconnaissance immunitaire, les nanoparticules servent également de vecteurs efficaces pour les thérapies géniques. Ils délivrent avec succès de l'ARN messager (ARNm) et de l'ARN interférent petit (ARNsi) dans le cytoplasme des cellules cancéreuses. L'ARNm fournit des instructions pour produire des protéines, tandis que l'ARNsi peut faire taire des gènes spécifiques.
Cependant, les nanoparticules hélicoïdales surmontent ces obstacles, assurant une livraison efficace des charges thérapeutiques. Pour optimiser la stabilité et la fonctionnalité, les chercheurs ont incorporé du guanidinium, un groupe chimique qui interagit fortement avec le matériel génétique. Cet ajout a permis de maintenir l'intégrité structurelle des nanoparticules pendant la circulation dans la circulation sanguine tout en facilitant la livraison ciblée de thérapies géniques.
Le traitement a significativement supprimé la croissance tumorale, suggérant des applications potentielles dans la thérapie du cancer humain. La double fonction des nanoparticules, déclenchant des réponses immunitaires et délivrant une thérapie génique, représente une avancée majeure dans les stratégies de traitement du cancer. Les approches traditionnelles reposent souvent sur des méthodes distinctes pour l'immunothérapie et la thérapie génique, nécessitant plusieurs traitements et augmentant potentiellement les effets secondaires.
D'autres études se concentreront sur l'amélioration de la conception des nanoparticules pour une application clinique et l'évaluation de leur sécurité et de leur efficacité dans des essais sur l'homme. Les chercheurs visent à explorer comment les variations de la structure hélicoïdale ou des composants chimiques pourraient influencer les performances dans différents types de cancers. Si elle réussit, cette technologie pourrait ouvrir la voie à des traitements contre le cancer plus personnalisés et plus efficaces adaptés aux besoins des patients.
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