Une nouvelle étude a révélé que la tique à corne longue asiatique, Haemaphysalis longicornis, a développé de manière indépendante la capacité de se reproduire de manière asexuée, connue sous le nom de parthénogenèse, à plusieurs reprises tout au long de son expansion mondiale.
La tique à corne longue asiatique est une préoccupation importante pour la santé publique en raison de sa capacité à transmettre plusieurs agents pathogènes graves, notamment le virus SFTS, la bactérie Rickettsia et les parasites Theileria.
Ryo Nakao et son équipe ont mené une analyse génomique complète des populations japonaises indigènes et des populations introduites dans des régions telles que les Fidji, la Nouvelle-Calédonie et l'Australie. Ils ont utilisé des techniques avancées impliquant des génomes mitochondriaux entiers et des données de polymorphisme nucléotidique unique (SNP) génomique dérivées de la technologie MIG-seq. Leur ensemble d'échantillons comprenait cinq souches de laboratoire, dont deux se reproduisaient sexuellement tandis que les trois autres s'appuyaient uniquement sur la partenogenèse.
Un clade se composait principalement de femelles parthénogénétiques, qui semblaient s'être dispersées à l'échelle mondiale. Cependant, la découverte de trois tiques mâles au sein de ce groupe par ailleurs entièrement féminin a compliqué le récit. De plus, les analyses SNP ont indiqué un flux génétique entre les clades, ce qui implique que la parthénogenèse n'a pas surgi une seule fois, mais a plutôt évolué indépendamment à plusieurs reprises. Ces résultats suggèrent que la flexibilité évolutive de H. longicornis lui permet de s'adapter rapidement à divers environnements. La capacité de basculer entre la reproduction sexuée et asexuée pourrait fournir un avantage de survie dans de nouveaux territoires où la recherche de partenaires pourrait être difficile.
Cette plasticité permettrait aux tiques de coloniser de nouvelles zones plus efficacement, renforçant ainsi leur statut d'espèce envahissante redoutable. L'étude souligne également la complexité de la traçabilité des espèces envahissantes par des marqueurs génétiques uniquement. Alors que l'hypothèse initiale était que les tiques parthénogénétiques représentaient une lignée distincte, la présence de mâles au sein de ce groupe indique une histoire évolutionnaire plus complexe.
Les chercheurs soulignent que la compréhension des mécanismes de dispersion des tiques est essentielle pour développer des mesures de contrôle efficaces. Compte tenu du rôle des tiques dans la transmission des maladies, les connaissances sur leur biologie reproductive pourraient permettre d'élaborer des interventions ciblées visant à freiner leur propagation. L'étude souligne l'importance de la surveillance génomique continue des espèces envahissantes pour anticiper les impacts écologiques futurs. Les implications vont au-delà de l'entomologie, influençant des domaines tels que l'épidémiologie et la biologie de la conservation.
La surveillance de la manière dont ces caractéristiques apparaissent et persistent dans différentes populations sera essentielle pour prédire et atténuer leurs effets sur la santé humaine et animale.
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