Les sirènes des raids aériens ont interrompu la solennité d'une liturgie dominicale au monastère de l'Archange à Kiev, interrompant le chant pacifique des moines et des fidèles. Alors que l'alarme se répandait dans toute la ville, des notifications d'alerte sont apparues sur les appareils mobiles, signalant une frappe imminente de missiles russes. Malgré le chaos, personne ne s'est déplacé. Le missile a finalement atterri ailleurs dans la ville, laissant la congrégation rassemblée tranquille. Ce moment a capturé le fragile équilibre entre la foi et la peur au cœur de la capitale de l'Ukraine, où les traditions religieuses ont longtemps servi à la fois de refuge et de résistance.
L'archimandrite Bartholomée, abbé du monastère d'Esphigmenou sur le mont Athos, a conduit un groupe de moines athonites et une chorale byzantine à Kiev à l'invitation du métropolite Épiphane. Leur visite faisait partie d'un effort plus large pour honorer l'héritage de saint Antoine, dont le monastère près de Kiev, fondé il y a près de 975 ans par un moine athonite, avait subi de nombreux dommages des bombardements russes.
La veillée pour Saint-Antoine a eu lieu à la lumière de bougies dans les ruines du monastère des grottes de Kiev. Le service a commencé par un moment de silence dédié aux morts de guerre, suivi de prières pour la paix et la sécurité des civils. L'atmosphère était lourde de chagrin et de détermination, reflétant le profond engagement spirituel des personnes présentes. Le monastère, autrefois un symbole du patrimoine chrétien orthodoxe, était maintenant un témoignage de résilience au milieu des hostilités en cours.
Le mont Athos, connu sous le nom de montagne sainte, a longtemps été un sanctuaire pour les communautés monastiques et un bastion de la tradition spirituelle. La présence de moines athonites à Kiev a marqué un geste rare et symbolique de solidarité avec les chrétiens orthodoxes ukrainiens. Le voyage de la délégation de l'isolement serein du mont Athos aux champs de bataille de Kiev a mis en évidence le rôle évolutif des institutions religieuses en temps de crise.
Alors que certains moines sont restés dans leurs monastères, d'autres ont choisi de s'engager directement avec la population souffrante, offrant réconfort et espoir au milieu de la violence. La campagne militaire russe a laissé sa marque sur de nombreux sites historiques, y compris le monastère des grottes de Kiev. Les bombardements ont réduit certaines parties de la structure en décombres, forçant les fidèles à se rassembler dans des espaces improvisés. Malgré ces défis, la communauté continue de défendre ses traditions, en s'adaptant à la nouvelle réalité tout en préservant son patrimoine sacré.
Au fil des jours, la délégation a observé les luttes quotidiennes des citoyens ordinaires, des enfants jouant à l'ombre des bâtiments en ruines aux familles cherchant à se mettre à l'abri des attaques aériennes. Ces rencontres ont renforcé le sentiment d'humanité partagée qui transcende les frontières et les idéologies. La participation des moines à la veillée n'était pas seulement un acte religieux mais aussi une déclaration politique, affirmant le droit du peuple ukrainien à pratiquer librement son culte et à vivre en paix.
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