Les taux de fécondité dans la région du Maghreb, comprenant le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, atteignent des niveaux historiquement bas, selon des données et des analyses récentes.
Dans les années 2020, le taux avait fortement diminué, influencé par de multiples facteurs, notamment les pressions économiques, les niveaux d'éducation et l'accès aux services de santé reproductive. Les jeunes adultes optent de plus en plus pour des familles plus petites en raison du coût de la vie élevé, des opportunités d'emploi limitées et des valeurs sociales changeantes. Les défis économiques jouent un rôle central dans le processus de prise de décision des jeunes couples. Ahmed, un étudiant universitaire de 21 ans, a expliqué qu'il prévoyait d'avoir seulement deux enfants, estimant que ce nombre lui permettait de répondre aux besoins de ses enfants et de ses parents.
De même, Bouchra Bekioua, une jeune mariée de 21 ans, a noté que de nombreuses familles considèrent maintenant deux enfants comme un choix plus réaliste et gérable. Achraf Boukhamera, 25 ans, a souligné que les faibles niveaux de revenu sont un facteur dissuasif majeur pour les familles plus grandes, obligeant les couples à donner la priorité à la stabilité financière plutôt qu'à l'expansion de leur ménage. Les experts en démographie soutiennent que la baisse de la fécondité n'est pas uniquement due à des préoccupations économiques.
En outre, la difficulté à accéder au marché du travail, en particulier pour les femmes, contribue à la tendance des familles plus petites. Les attitudes changeantes envers les rôles et les responsabilités familiales influencent davantage les décisions sur le nombre d'enfants à avoir. Les implications de ce changement démographique vont au-delà des choix individuels. Le professeur Hassen Kassar, spécialiste de la démographie et des sciences sociales, a averti que la Tunisie, en particulier, connaît une diminution de la population en âge de travailler alors que la proportion de citoyens âgés continue d'augmenter.
Il a souligné que ce déséquilibre pourrait conduire à une dépendance accrue à l'égard de la main-d'œuvre étrangère dans les décennies à venir, car moins de jeunes seront disponibles pour occuper des emplois dans des secteurs tels que l'agriculture, la fabrication et les services.
La Tunisie, cependant, se distingue par son système de santé relativement avancé et sa plus grande participation des femmes à l'éducation, qui ont tous deux joué un rôle dans la réduction des taux de fécondité. Les experts suggèrent que les effets à long terme de ces changements démographiques deviendront plus apparents dans les prochaines décennies.
Alors que le Maghreb continue de connaître une transformation rapide, l'interaction entre les facteurs économiques, sociaux et culturels restera essentielle pour façonner les futurs modèles démographiques.Le défi consiste à trouver un équilibre entre le désir de familles plus petites et la nécessité de maintenir des populations viables capables de soutenir la croissance économique et le développement social.
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