Face à une démolition imminente, les habitants de Tondo à Manille se sont tournés vers la Commission des droits de l'homme (CHR) pour enquêter sur des allégations de harcèlement liées au développement d'une usine de transformation des déchets en énergie (WTE).
Le conflit tourne autour de l'installation proposée de WTE, qui devrait remplacer le dépotoir de Smokey Mountain fermé depuis longtemps. Le projet est dirigé par R-II Builders Incorporated, une société de construction appartenant à l'homme d'affaires Reghis Romero II. Les résidents, dont beaucoup vivent dans la région depuis des décennies, soutiennent que le projet menace à la fois leur sécurité physique et leur stabilité économique.
Un groupe de résidents, organisé dans le cadre de l'Alliance anti-incinérateur de Manille, a officiellement adressé une pétition au CHR, demandant une enquête indépendante sur le harcèlement présumé. La pétition comprend des témoignages de personnes touchées, telles que Anora Madrid de Samahan ng Maralita sa Smokey Mountain, qui a exprimé l'espoir que le CHR convoquerait des représentants de R-II Builders, des barangays locaux et de toute personne impliquée dans le projet WTE. Les résidents affirment que la présence et les actions de ces entités ont créé une atmosphère d'intimidation, décourageant l'expression ouverte de la dissidence.
Les manifestations sont devenues une caractéristique récurrente du mouvement, avec des manifestants se rassemblant devant les bureaux de R-II Builders à Diliman, Quezon City, et le Département de l'Environnement et des Ressources Naturelles. Ces manifestations reflètent un modèle plus large de résistance contre les projets de renouvellement urbain qui déplacent souvent les communautés vulnérables.
La question a attiré l'attention en raison de l'implication de personnalités importantes, dont le maire de la ville de Manille, Francisco "Isko" Moreno Domagoso, qui a été élevé dans les bidonvilles de Tondo.
Les défenseurs de l'environnement soutiennent la position des résidents, soulignant les risques écologiques potentiels associés à la technologie d'incinération. Les critiques soutiennent que les usines de transformation des déchets en énergie peuvent libérer des émissions nocives et poser des risques pour la santé des communautés voisines.
Alors que les tensions continuent d'augmenter, le résultat de l'enquête de la CHR pourrait jouer un rôle central dans la détermination de l'avenir du projet WTE. Si la commission trouve des preuves de harcèlement, elle pourrait recommander des poursuites judiciaires contre les responsables. Cependant, la résolution de ce différend dépendra probablement de la volonté de toutes les parties - résidents, promoteurs et agences gouvernementales - de s'engager dans un dialogue significatif et de trouver des solutions équitables qui respectent à la fois les objectifs environnementaux et les droits des communautés locales.
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