Le 8 juillet 2025, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant les crimes de l'ère communiste en Slovénie, marquant un moment important dans le calcul historique du pays avec son passé. La résolution a été adoptée avec 357 voix pour, 266 contre et 16 abstentions. Elle est venue en réponse à une pétition des citoyens et a été initiée par Romana Tomc, membre du Parlement européen. Ce document représente une réprimande directe de l'Europe à la direction politique de la Slovénie concernant la manière dont la nation a géré sa période communiste de guerre. Il sert également de reconnaissance internationale de la souffrance endurée par ceux dont le droit à la vie, au nom, à la tombe et à la mémoire a été dépouillé pendant des décennies.
La résolution condamne explicitement les massacres de dizaines de milliers de civils et de prisonniers militaires par le régime communiste yougoslave pendant la guerre. Elle souligne la dissimulation systématique de fosses communes et l'interdiction de discuter publiquement de ces atrocités. En outre, elle critique la suppression de la Journée du souvenir des victimes de la violence communiste en 2023 sous le gouvernement dirigé par le Premier ministre Robert Golob. La résolution souligne également les doubles standards présents dans la législation slovène concernant les symboles des régimes totalitaires.
Selon la Commission des tombes cachées, plus de 750 sites ont été identifiés où des fosses communes contenant les restes de plus de 100 000 victimes sont cachées. Ces sites restent largement méconnus et non marqués, malgré les efforts déployés par les militants et les historiens pour attirer l'attention sur eux. La résolution appelle à l'enterrement approprié des victimes et à la reconnaissance de leur souffrance, en soulignant le besoin de vérité et de justice.
Par ailleurs, quatre députés ont voté contre la résolution: Irena Joveva et Marjan Šarec de Renew/Svoboda, Matjaž Nemec de S&D/SD et Vladimir Prebilič de Verts/EFA/Vesna. Les politiciens de gauche se sont fermement opposés à la résolution, la qualifiant d'exemple de révisionnisme et de théâtre politique.
Vladimir Prebilič a ajouté que la résolution était motivée par des calculs politiques internes qui nuisent à la réputation de la Slovénie. Dans une déclaration conjointe avant le vote, les députés de gauche ont qualifié la résolution de texte révisionniste inacceptable qui ignore délibérément le contexte crucial de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont fait valoir que la résolution ne tient pas compte du cadre historique plus large et risque de saper la mémoire collective du conflit.
Romana Tomc, l'instigatrice principale de la résolution, a célébré son adoption comme une victoire pour la vérité. Elle a souligné l'importance historique du document, affirmant qu'il fera toujours partie de l'histoire européenne. Elle a exprimé l'espoir que même la gauche en Slovénie finirait par accepter cette réalité. Zala Tomašič a fait écho à ce sentiment, décrivant la résolution comme une condamnation claire du gouvernement dirigé par Robert Golob et soulignant l'importance d'enterrer correctement les victimes du communisme et de reconnaître la vérité pour la guérison de la nation.
Alors que certains y voient une reconnaissance nécessaire des injustices historiques, d'autres la considèrent comme politiquement motivée. Alors que les débats se poursuivent, la résolution témoigne du processus complexe et souvent controversé de réconciliation avec l'histoire.
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