La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu une décision historique sur la question du géoblocage et son rôle dans la protection du droit d'auteur, même lorsque les utilisateurs tentent de contourner les restrictions géographiques en utilisant des réseaux privés virtuels (VPN). La décision rendue jeudi dans l'affaire C-788/24 apporte de la clarté aux archives en ligne, aux établissements d'enseignement et aux autres entités qui s'occupent du patrimoine culturel numérisé. Elle confirme que les œuvres du domaine public d'un État membre de l'UE peuvent être librement offertes en ligne, même si elles restent protégées par les lois sur le droit d'auteur dans un autre pays, à condition qu'un blocage géographique efficace empêche l'accès des régions où l'œuvre est encore protégée.
Selon la décision, cela s'applique même si les utilisateurs parviennent à contourner de tels blocs en utilisant des outils tels que les VPN. L'affaire était centrée sur le journal d'Anne Frank, dont les écrits ont fait l'objet d'un débat juridique en raison de la variation des protections du droit d'auteur à travers l'Europe.
Pour se conformer à la loi néerlandaise sur le droit d'auteur, ils ont mis en place un système de géoblocage pour restreindre l'accès aux pays où l'œuvre était encore protégée. Le différend a surgi lorsque le Fonds Anne Frank, basé en Suisse et détenteur des droits d'auteur, a contesté la légalité de cette approche. Ils ont fait valoir que, puisque les utilisateurs pouvaient contourner le géoblocage à l'aide d'un VPN, la publication constituait une "performance publique" illégale dans des territoires restreints. La Cour suprême des Pays-Bas a renvoyé la question centrale à la CJUE, demandant si une telle offre en ligne serait considérée comme illégale si les utilisateurs pouvaient techniquement contourner le géoblocage.
En janvier, l'avocat général Athanasios Rantos avait déjà souligné que la simple présence de lacunes techniques ne rendait pas automatiquement illégale une représentation publique dans un territoire restreint.Il a souligné que la prise de mesures techniques efficaces indiquait clairement l'intention de ne pas cibler ces zones.La Cour de justice de la CE a maintenant confirmé ce point de vue, en déclarant qu'un bloc géographique doit répondre aux normes technologiques actuelles pour être considéré comme juridiquement valide, même s'il pourrait théoriquement être contourné par des utilisateurs individuels.
Le tribunal a souligné que le géoblocage moderne représente un compromis équitable entre l'assurance du libre accès des citoyens dans les pays où l'œuvre est dans le domaine public et le respect des intérêts des titulaires de droits dans d'autres États.
En vertu de cette décision, les juridictions nationales des Pays-Bas doivent désormais appliquer ces lignes directrices. La décision envoie un signal clair aux projets européens de numérisation, leur permettant de s'appuyer sur un géoblocage techniquement solide comme moyen de protection. L'affaire concernant l'héritage d'Anne Frank a été considérée comme un précédent pour déterminer à quel point les frontières numériques devraient être strictes en Europe. Les grandes plateformes de diffusion en continu et l'économie numérique, qui fonctionnent sur des modèles basés sur des droits exclusifs territorialement limités, sont susceptibles de se féliciter de cette décision. Une décision contraire aurait posé des défis importants à leurs stratégies commerciales.
Cependant, l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne renforce l'équilibre entre la protection de la propriété intellectuelle et l'accès plus large aux ressources culturelles dans l'ensemble de l'UE.
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