L'herbier d'Emily Dickinson est devenu accessible 180 ans après sa création, offrant un nouvel aperçu de la vie et du travail de l'un des poètes les plus célèbres d'Amérique. La collection, qui comprend près de 424 espèces de plantes et de fleurs, a été méticuleusement assemblée par Dickinson pendant sa jeunesse et conservée dans la bibliothèque Houghton de l'Université de Harvard. La version numérisée permet aux chercheurs et au public d'explorer les spécimens botaniques qui ont influencé une grande partie de sa poésie.
Son père, Edward Dickinson, était avocat et ancien membre du Congrès, tandis que sa mère, Emily Norcross Dickinson, avait une passion pour le jardinage. Dès son plus jeune âge, Dickinson a montré une fascination pour les plantes, qui a évolué en une poursuite scientifique sous la direction de sa mère et de ses enseignants. À l'âge de neuf ans, Dickinson a commencé à collecter des plantes, et à douze ans, elle les étudiait systématiquement.
Elle a recueilli des spécimens âgés de dix à seize ans, les conservant dans un album en cuir contenant 66 pages. L'herbier original est logé dans une salle spécialement désignée au sein de la bibliothèque de livres rares Houghton de Harvard. En raison de son état fragile, l'accès physique est restreint, mais une version numérique a été mise à disposition gratuitement en ligne.
Chaque entrée dans l'herbier présente de petites bandes de papier avec l'écriture élégante de Dickinson, identifiant l'espèce en utilisant à la fois des termes scientifiques et des noms familiers. La collection reflète sa nature méticuleuse et sa capacité à trouver un sens dans le monde naturel. Par exemple, le jasmin, qui apparaît parmi les premières entrées, symbolisait la passion de Dickinson.
Il y a des indications que le père de Dickinson, Edward Dickinson, a soutenu ses intérêts botaniques en faisant construire une serre pour qu'elle puisse cultiver des fleurs exotiques. Certains récits suggèrent qu'il croyait qu'elle était plus habile au jardinage que à la poésie, bien que ce point de vue contraste avec son héritage éventuel en tant que personnage littéraire. Après la mort de Dickinson en 1886, sa sœur Lavinia a découvert des centaines de poèmes cachés dans la maison familiale, contrairement aux souhaits d'Emily de garder son travail privé. Lavinia a travaillé sans relâche pour que ces poèmes soient publiés, assurant ainsi que la voix de Dickinson serait entendue. Sans ses efforts, une grande partie de la production poétique de Dickinson aurait pu rester inconnue.
L'herbier sert de pont entre la vie personnelle de Dickinson et ses réalisations littéraires. Il offre aux chercheurs et aux amateurs une perspective unique sur la façon dont elle s'est inspirée du monde naturel, traduisant le langage des fleurs en vers. Le projet de numérisation souligne l'importance de préserver ces artefacts et de les rendre accessibles aux générations futures. Les chercheurs peuvent maintenant étudier l'herbier aux côtés du vaste corpus d'œuvres de Dickinson, comprenant près de 1800 poèmes et des centaines de lettres.
L'herbier continue d'être un sujet d'intérêt académique, révélant des couches d'importance dans la vie et l'art de Dickinson.
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