Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a écrit une lettre aux dirigeants de l'Union européenne dans laquelle il exprime sa "grande préoccupation" face aux récentes attaques d'autres gouvernements européens à la suite de la crise migratoire de masse à Ceuta.La lettre était adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au président du Conseil, António Costa, et au Premier ministre irlandais Michael Martin, qui exerce la présidence tournante du Conseil de l'UE.
La lettre détaillait comment environ 50 000 migrants sont entrés irrégulièrement à Ceuta en quelques jours, les autorités espagnoles rétablissant le contrôle total de la frontière en 48 heures. Une aide humanitaire a été fournie et presque toutes les personnes sans papiers ont été renvoyées, empêchant les mouvements non autorisés vers l'Espagne continentale.
Cette politique a également aidé d'autres États membres lors de crises, telles que l'afflux de migrants en provenance de Biélorussie en 2021 et de Lampedusa en 2023. Malgré ces efforts, Sánchez a noté que certains gouvernements européens ont répondu de manière asymétrique, certains attaquant l'Espagne et exigeant une exclusion temporaire de l'espace Schengen.
Sánchez a demandé à la présidence irlandaise du Conseil de convoquer une vidéoconférence d'urgence des ministres de l'Intérieur de l'UE afin d'établir une réponse coordonnée aux futures crises et de réaffirmer que la sécurité des frontières est une responsabilité collective. --- Le Maroc nie avoir été soumis à des "pressions ou à des chantages" dans la gestion de la crise de Ceuta, appelant plutôt à rendre des comptes pour la décision de la Cour suprême espagnole de juillet qui a limité les retours à la frontière.
Ils ont affirmé que la décision avait entraîné un changement de comportement, de nombreux migrants l'interprétant comme une invitation à traverser, croyant qu'ils seraient confrontés à des poursuites judiciaires plutôt qu'à une déportation immédiate.
Le Maroc a également souligné qu'il dépensait plus de 500 millions d'euros par an pour la gestion de la migration, ne recevant que 145 millions d'euros de financement de l'UE. Il a souligné que le problème n'était pas financier mais stratégique, nécessitant une vision et un engagement partagés.
Ils ont également exprimé leur ferme solidarité avec l'Espagne et ont confirmé que la situation était sous contrôle, notant que la plupart des migrants en situation irrégulière avaient déjà été renvoyés et qu'il n'y avait pas eu de nouveau mouvement vers l'UE.
Le commissaire Magnus Brunner, représentant l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, a salué la manière dont l'Espagne a géré la crise et a réaffirmé que l'UE n'accepterait pas que la migration soit utilisée comme un outil de pression contre un État membre. --- Le ministre espagnol des Affaires étrangères condamne L'exécution de jeunes gens La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, a brisé le silence du gouvernement sur le rôle du Maroc dans la crise, accusant le pays de ne pas avoir réussi à stopper l'entrée massive de migrants et condamnant la mort de centaines de personnes.
Robles a souligné que tous les migrants en situation irrégulière seraient renvoyés et a averti que les trafiquants ou ceux qui toléraient la crise en subiraient les conséquences.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a soutenu l'appel de l'Espagne à suspendre l'accord de Schengen, affirmant qu'il s'agissait de la décision correcte et soutenue par 21 pays européens.
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