Le 9 août 2026, le ministre chilien des Finances, Jorge Quiroz, a prononcé un discours lors de l'émission de télévision Estado Nacional, invoquant une phrase prononcée par le Premier ministre britannique Winston Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, Quiroz a utilisé les mêmes mots pour encadrer l'adoption de la méga-réforme du Chili connue sous le nom de Reconstrucción, qui a été adoptée par le Congrès plus tôt cette semaine. Pour Quiroz, cela n'a pas marqué la fin, mais plutôt le début d'une nouvelle phase dans la transformation politique et économique du Chili. La méga-réforme, approuvée par le Congrès, représente un ensemble de mesures visant à revitaliser les marchés financiers du pays et à résoudre des problèmes structurels de longue date au sein de l'administration publique.
Cette initiative vise à restaurer le dynamisme de la Bourse de Santiago, qui a stagné en raison de faibles niveaux d'activité des entreprises. Le gouvernement soutient que de telles réformes approfondiront le marché, permettant à plus de participants, en particulier aux petits investisseurs, de s'engager plus facilement.
L' Estatuto Administrativo, une loi promulguée en 1989 sous la dictature militaire, a longtemps servi d'obstacle à la réforme de la fonction publique. Il accorde aux employés publics une sécurité d'emploi pratiquement garantie, ce qui rend presque impossible de les licencier, même pour de mauvaises performances. Les critiques soutiennent que ce système crée une culture de complaisance et sape l'avancement basé sur le mérite. Le gouvernement actuel, dirigé par le président Gabriel Boric, a proposé une révision complète de ces règles, y compris la création d'une commission intersectorielle dirigée par un économiste indépendant pour évaluer et recommander des changements.
L'objectif est d'introduire la flexibilité dans l'emploi public, de promouvoir l'efficacité et d'aligner davantage l'appareil d'État sur les besoins des citoyens. La poussée pour la réforme a rencontré la résistance des syndicats et des partis de gauche, qui considèrent les changements comme une attaque contre les droits des travailleurs.
Entre 2023 et 2024, plus de 25 000 fonctionnaires ont violé leurs conditions de congé médical en voyageant à l'étranger, entraînant des démissions et des mesures disciplinaires. Ces incidents ont intensifié les appels à la réforme, présentant la question comme à la fois éthique et pratique. Les analystes politiques suggèrent que le succès de la mégareforme pourrait servir de modèle pour les futurs efforts législatifs. Avec une majorité au Congrès, la coalition au pouvoir croit pouvoir surmonter les défis à venir.
Certains experts prédisent que la réforme à venir sera plus complexe que les tentatives précédentes, reflétant des défauts institutionnels plus profonds. Pendant ce temps, le sénateur Luciano Cruz-Coke d'Evopoli a appelé à une action urgente, soulignant que la modernisation de l'Estatuto Administrativo est essentielle pour améliorer les services publics et restaurer la confiance dans les institutions gouvernementales.
Le résultat de ce processus déterminera la trajectoire du paysage politique et économique du Chili pour les années à venir.
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