Le Conseil général de la magistrature (CGPJ) n'a pas réussi à parvenir à un consensus sur les plaintes disciplinaires contre le juge Juan Carlos Peinado et poursuivra ses délibérations dans les prochains jours.
Ces procédures ont été déclenchées par des plaintes déposées par plusieurs individus, dont le ministre de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les Cortes, Félix Bolaños, le groupe Más Madrid, le député socialiste Pedro Guillermo Hita, la conseillère de Begoña Gómez, Cristina Álvarez, et un citoyen privé. La cinquième plainte concerne les déclarations de Peinado concernant la Police nationale dans une décision où il a ordonné la révocation du passeport de Gómez, une mesure ultérieurement révoquée partiellement par la Cour provinciale de Madrid. Les remarques de Peinado dans la décision suggèrent que les membres du détachement de sécurité accompagnant Gómez auraient pu faciliter son évasion d'Espagne, entravant potentiellement la justice.
La commission permanente du CGPJ a été chargée d'évaluer si Peinado avait commis une violation grave du décorum ou abusé de son autorité. Alors que trois juges progressistes et le président du CGPJ ont soutenu une enquête plus approfondie, quatre membres conservateurs ont proposé que la question soit résolue par des voies juridiques régulières plutôt que par des mesures disciplinaires internes.
Le tribunal provincial de Madrid a récemment confirmé la décision de procéder à un procès par jury, malgré des décisions antérieures qui ont annulé de nombreuses ordonnances de Peinado. Le tribunal a cité la nécessité d'évaluer si Gómez a utilisé sa position privilégiée en tant que conjointe du président pour faire progresser sa carrière. Les critiques soutiennent que les preuves ne soutiennent pas de telles allégations, notant que, bien que Gómez occupe une position de prestige, il n'y a aucune preuve concluante de coercition ou d'influence indue. Certains experts juridiques ont comparé l'affaire à l'infâme affaire Nóos, où le mari d'un membre de la famille royale a été condamné pour corruption, bien que les circonstances restent très différentes.
Pendant ce temps, le débat sur la conduite de Peinado se poursuit au sein du pouvoir judiciaire. La division de la CGPJ reflète des tensions plus larges entre les factions réformistes et traditionnelles au sein du système. Les voix progressistes préconisent le maintien de l'indépendance judiciaire et la responsabilisation, tandis que les conservateurs mettent l'accent sur l'adhésion procédurale et la stabilité institutionnelle.
D'un côté, les critiques accusent le pouvoir judiciaire de dépasser ses limites, suggérant que les commentaires de Peinado étaient politiquement motivés et visant à saper l'application de la loi. D'autres défendent le droit des juges à scruter les actions du gouvernement, arguant que la transparence est essentielle dans une démocratie. Les plateformes de médias sociaux sont devenues des champs de bataille pour ces débats, certains appelant à une plus grande surveillance du comportement judiciaire, tandis que d'autres mettent en garde contre la politisation des tribunaux.
Alors que le CGPJ poursuit ses discussions, le cas de Begoña Gómez reste un point central de l'attention nationale. La résolution de la procédure disciplinaire contre Peinado affectera non seulement sa réputation professionnelle, mais aussi la direction de la politique judiciaire en Espagne. Pendant ce temps, l'équipe juridique de Gómez a demandé une nouvelle audience sur son appel contre le rejet d'une plainte antérieure liée à Vito Quiles, ajoutant une autre couche de complexité à un paysage juridique déjà controversé. Les prochaines étapes dépendront de la détermination finale du CGPJ, qui pourrait prendre des semaines pour se concrétiser.
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