Selon le rapport sur l'état du climat en Afrique en 2025, les sommets enneigés emblématiques de l'Afrique de l'Est, le mont Kenya, le mont Kilimandjaro et les montagnes Rwenzori, devraient disparaître entièrement dans les prochaines années. Le rapport souligne que les glaciers de ces sommets ont considérablement diminué, la couverture de glace du mont Kenya se réduisant de 96% au cours des 115 dernières années. Les scientifiques estiment que les glaciers n'existeront plus dans trois à cinq ans, ce qui marque un changement profond dans le paysage et la dynamique climatique de la région.
Cette disparition rapide contraste fortement avec les fluctuations historiques, qui ont été influencées par des variations des modèles climatiques régionaux tels que des périodes plus humides ou plus sèches. Alors que les glaciers de ces montagnes peuvent avoir existé pendant des milliers d'années, le taux actuel de perte est bien au-delà de ce qui pourrait être expliqué par les seuls cycles naturels. Les chercheurs attribuent cette fonte accélérée principalement à la diminution des chutes de neige, ce qui a affaibli la capacité des glaciers à se maintenir.
Leur rôle principal n'est pas d'alimenter les rivières ou de fournir un approvisionnement en eau constant, comme on le croyait auparavant. Au lieu de cela, une grande partie de la glace disparaît par sublimation, un processus par lequel la glace se transforme directement en vapeur sans passer par la forme liquide.
Même si toute cette glace devait fondre en même temps, le volume résultant serait équivalent à une seule journée de pluie sur la montagne. Par conséquent, alors que les glaciers contribuent aux écosystèmes locaux, ils jouent un rôle négligeable dans le cycle hydrologique plus large de la région. Les véritables tours d'eau de l'Afrique de l'Est sont ses forêts, qui servent de réservoirs essentiels pour les communautés environnantes.
Comme l'expliquent les chercheurs, les glaciers fonctionnent comme des "machines qui traduisent le temps en climat", permettant aux scientifiques de reconstruire les tendances climatiques à long terme en fonction de la composition et de la structure de la glace.
Les variations de la répartition de la chaleur océanique influencent le mouvement des masses d'air humide, affectant les niveaux de précipitations sur les montagnes. Au cours du siècle dernier, ces modèles ont changé, entraînant une diminution des chutes de neige et une accélération du recul des glaciers. La compréhension de ces liens est cruciale pour élaborer des stratégies visant à atténuer les impacts du changement climatique à la fois sur l'environnement et sur les populations humaines dépendantes des ressources naturelles de la région.
La perte de ces monuments emblématiques représente également une érosion symbolique de l'identité et de l'histoire.Les scientifiques mettent en garde contre le fait que si des mesures urgentes ne sont pas prises pour s'attaquer aux causes sous-jacentes du changement climatique, les derniers jours des glaciers d'Afrique de l'Est pourraient arriver plus tôt que prévu.
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