Ces dernières semaines, le Kenya s'est retrouvé au centre de l'inquiétude croissante du public face à la résurgence de la souche Bundibugyo du virus Ebola. Alors que la République démocratique du Congo (RDC) voisine intensifie ses efforts pour contenir les épidémies, les messages de santé publique du Kenya ont été examinés pour leur dépendance aux tactiques basées sur la peur, qui, selon certains, ont alimenté l'anxiété du public plutôt que la prise de décision éclairée.
Pendant cette période, le Kenya a lancé des campagnes de sensibilisation de haut niveau dirigées par l'ancien ministre de l'Information Raphael Tuju. Ces campagnes présentaient des images graphiques - telles que des représentations de maladies graves, de transmission sexuelle et de détérioration physique - conçues pour choquer les téléspectateurs en modifiant leur comportement.
Des décennies plus tard, le Kenya continue d'utiliser des méthodes similaires pour faire face aux nouvelles menaces sanitaires. Depuis les premiers stades de la pandémie de COVID-19 jusqu'aux préoccupations actuelles concernant la souche d'Ebola de Bundibugyo, les communications sanitaires du pays ont constamment mis l'accent sur la peur et l'urgence.
Ces messages, bien que destinés à promouvoir l'adhésion aux directives de santé publique, ont été critiqués pour avoir favorisé une culture de conformité plutôt que de compréhension. Les experts suggèrent que si une action immédiate est nécessaire en cas d'urgence, le succès à long terme dépend de la confiance et du dialogue ouvert.
Finalement, les responsables de la santé publique se sont tournés vers une communication centrée sur la communauté, impliquant les chefs religieux, les anciens du village et les bénévoles locaux en tant que messagers de confiance.
Malgré ces leçons, le Kenya n'a pas encore pleinement adopté cette approche plus inclusive. Au lieu de cela, la réponse du pays à la souche de Bundibugyo a vu un changement vers les médias sociaux et les canaux informels comme sources primaires d'information. Par exemple, de nombreux Kenyans ont d'abord appris la contribution de 13,5 millions de dollars des États-Unis pour renforcer la préparation à Ebola, non pas par le biais d'annonces officielles du gouvernement, mais par le biais de messages en ligne et de discours politique. Ce manque de transparence a donné lieu à des rumeurs, y compris des allégations selon lesquelles le centre de quarantaine de 50 lits nouvellement construit à la base aérienne de Laikipia à Nanyuki était destiné à abriter des citoyens américains potentiellement infectés par Ebola.
De telles spéculations ont déclenché des troubles publics importants. Des manifestations ont éclaté en réponse à l'utilisation abusive des fonds et à l'intention présumée derrière l'installation. Certaines manifestations ont dégénéré en violence, entraînant des victimes et des blessés. Ces incidents mettent en évidence les risques associés à une communication inadéquate et au pouvoir de la désinformation pour inciter la colère du public.
Pour aller de l'avant, il est urgent pour le Kenya de réévaluer ses stratégies de communication en santé publique. Engager directement les communautés, promouvoir la transparence et tirer parti des voix locales de confiance pourrait aider à renforcer la confiance et la coopération du public. Alors que le pays se prépare à des épidémies potentielles, le défi consiste à équilibrer la messagerie urgente avec les principes de confiance et d'inclusion qui se sont avérés efficaces dans d'autres régions. Ce n'est qu'en tirant des leçons des expériences passées que le Kenya peut espérer faire face aux futures crises sanitaires avec clarté et compassion.
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