Les Nations Unies ont appelé à des négociations immédiates pour mettre fin au conflit en cours dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, où une insurrection violente liée au groupe État islamique a causé des ravages généralisés. Selon un rapport du rapporteur spécial des Nations Unies Ben Saul, la campagne militaire contre les militants n'a pas encore atteint une percée décisive, la situation restant instable et le nombre de victimes civiles croissant. Le rapport, basé sur une visite au Mozambique du 4 au 14 août, souligne la nécessité urgente d'efforts diplomatiques pour résoudre la crise avant qu'un nouveau bain de sang ne se produise.
Le conflit à Cabo Delgado a commencé en 2017 et s'est intensifié ces dernières années, les attaques contre les civils et le personnel de sécurité devenant plus fréquentes et meurtrières. Des groupes insurgés, soupçonnés d'être affiliés à l'État islamique, ont commis de nombreuses atrocités, y compris des décapitations et d'autres actes brutaux, entraînant le déplacement de centaines de milliers de personnes. Le rapport note que le nombre de victimes a considérablement augmenté, avec 6 632 vies perdues depuis 2017, dont 2 772 civils.
Cabo Delgado abrite également de vastes réserves de gaz naturel, qui ont attiré l'intérêt de grandes entreprises internationales de l'énergie telles que TotalEnergies, ENI et ExxonMobil. Ces ressources sont devenues un point focal pour l'activité économique, mais elles ont également fait de la région une cible pour les groupes militants cherchant à exploiter l'instabilité. En réponse, le Rwanda a envoyé des troupes pour aider l'armée nationale du Mozambique à combattre l'insurrection, dans le cadre d'un effort régional plus large soutenu par l'Union européenne. Cependant, le rapport de l'ONU suggère que la stratégie actuelle, décrite comme "défense offensive", a une efficacité limitée, permettant aux insurgés de se regrouper et de poursuivre leurs opérations.
Malgré ces défis, le gouvernement mozambicain et ses alliés restent déterminés à stabiliser la région. Le déploiement des forces rwandaises depuis 2021 a joué un rôle clé dans le renforcement de la sécurité locale, bien que le rapport prévienne que l'approche doit évoluer pour empêcher les insurgés de prendre de la force. Les experts de l'ONU soulignent que si les mesures actuelles ont réduit les affrontements directs, elles ne parviennent pas à s'attaquer aux causes profondes du conflit, telles que la pauvreté, le manque de gouvernance et la marginalisation des communautés locales.
Le rapport cite les données d'Acled, une organisation qui suit les incidents liés au conflit, pour illustrer l'ampleur de la crise. La perte de terres, de moyens de subsistance et d'infrastructures a laissé de nombreuses communautés en ruines, avec des conséquences à long terme pour le rétablissement et le développement. Alors que la situation continue de se détériorer, l'appel à des négociations reflète une reconnaissance croissante que la force militaire seule ne résoudra pas le conflit.
Les termes exacts de ces pourparlers restent incertains, mais l'urgence de la situation exige une action rapide pour protéger la vie des civils et rétablir la stabilité dans la région.
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