Le président argentin, Javier Milei, propose l'interdiction légale de l'émission de pesos pour financer le déficit fiscal, une mesure qui pourrait marquer un point d'inflexion dans la politique économique du pays.
Selon des informations publiées par *Infobae*, Milei cherche à transformer la monnaie nationale en un outil de contrôle strict, limitant son émission pour éviter l'inflation et maintenir la valeur du peso. Pour y parvenir, il faudrait une réforme constitutionnelle qui établisse une limite maximale à la quantité d'argent qui peut être créée par la Banco Central de la República Argentina (BCRA). Cette mesure, si elle se concrétise, impliquerait une réduction significative de la capacité de l'État à financer les dépenses publiques par l'émission monétaire, ce qui pourrait obliger à chercher des alternatives telles que des prêts internationaux ou des ajustements budgétaires.
La dollarisation péruvienne s'est accompagnée d'une série de mesures structurelles, notamment l'élimination des contrôles de change, la libéralisation du commerce extérieur et la privatisation des entreprises d'État. En Argentine, cependant, le contexte est différent: le pays fait face à une grave crise de liquidité, une forte inflation et une perte de confiance dans les institutions financières.
Une analyse détaillée réalisée par La Nación suggère qu'une dollarisation argentine nécessiterait plusieurs étapes préalables. Premièrement, le gouvernement devrait émettre un décret d'urgence (DNU) déclarant le dollar comme monnaie de cours légal et fixant une parité de conversion. Ce taux de change pourrait être basé sur le taux de change officiel (CCL) ou sur un chiffre plus élevé, selon les objectifs du gouvernement. Simultanément, le BCRA devrait annoncer qu'il cessera d'émettre des pesos et supprimer les contrôles de capital. L'unité de compte serait le dollar, ce qui générerait une transition progressive au lieu d'une imposition abrupte.
Pendant cette transition, on s'attend à ce que la population ne se précipite pas pour échanger ses pesos contre des dollars, car la BCRA possède suffisamment de réserves pour couvrir une grande partie de la monnaie en circulation dans les mains du public. Selon les calculs effectués, les réserves brutes de la banque dépassent les 47 milliards de dollars, ce qui permettrait de couvrir environ 100% de la monnaie en circulation actuelle. Cependant, la conversion pourrait prendre des mois voire des années, car dans d'autres pays qui ont mis en œuvre la dollarisation, le processus a été progressif.
En outre, on s'attend à ce que la dollarisation génère une plus grande confiance dans le système financier, surtout si elle s'accompagne d'une amélioration de la gestion publique et d'une réduction de la corruption. Les analystes soulignent que l'expérience équatorienne montre que l'annonce de la dollarisation augmente souvent les dépôts bancaires, même en situation de crise. Cela renforce l'idée qu'une dollarisation bien gérée pourrait renforcer l'économie argentine à long terme.
Bien que ces mesures semblent prometteuses, elles présentent également des défis. Par exemple, la dette de la BCRA doit être restructurée, et la décision de la dollarisation pourrait affecter des secteurs spécifiques de l'économie, tels que l'agriculture ou l'industrie, qui dépendent du taux de change.
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