Le président syrien Ahmed al-Sharaa a nommé l'ancien commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), Ferhat Abdi Şahin, également connu sous le nom de Mazloum Abdi, comme conseiller présidentiel, marquant un moment charnière dans la transition post-Bachar Assad en Syrie. La nomination, officialisée dans un décret signé par al-Sharaa et publié par l'agence de presse officielle SANA, est intervenue quelques jours seulement après que Abdi a annoncé la dissolution des FDS, une puissante coalition dirigée par les Kurdes qui opérait en grande partie de manière indépendante dans le nord-est de la Syrie depuis des années. Cette décision marque un changement important dans l'équilibre des pouvoirs dans le pays, alors que le nouveau gouvernement syrien cherche à consolider le contrôle sur toutes les régions et les populations.
Le nom utilisé reflète l'une des nombreuses identités attribuées à Abdi, qui a été une figure clé des FDS depuis sa formation. Sa désignation en tant que conseiller présidentiel fait suite à l'annonce des FDS le 25 août, selon laquelle elles dissoudraient et intégreraient leurs structures militaires et administratives dans l'appareil d'État syrien. Selon Abdi, ce processus s'est terminé par l'incorporation des forces des FDS dans l'armée syrienne, une étape cruciale vers l'unification de l'infrastructure de sécurité du pays sous l'autorité de Damas.
L'intégration des FDS, longtemps considérées comme semi-autonomes, dans la structure militaire nationale est considérée comme une étape cruciale pour atteindre cet objectif. L'envoyé spécial des États-Unis en Syrie, Tom Barrack, a salué l'accord, le qualifiant d'exemple de la façon dont les anciens adversaires peuvent parvenir à une résolution diplomatique pour renforcer la souveraineté syrienne.
Le 27 août, le ministère de l'Éducation a autorisé l'enseignement de la langue kurde dans les écoles publiques et privées dans les zones où les Kurdes constituent une partie substantielle de la population. Cette décision s'aligne sur un décret précédent d'al-Sharaa reconnaissant le kurde comme langue nationale et affirmant les droits de la communauté kurde de Syrie.
Il a déclaré que la population kurde, estimée à environ 2 millions sur un total d'environ 20 millions de Syriens, doit voir ses aspirations culturelles et politiques reflétées dans la future gouvernance du pays. Pendant ce temps, en Turquie, le Parti de l'égalité et de la démocratie du peuple (DEM) a appelé à un engagement plus étroit avec les dirigeants politiques kurdes en Syrie, y compris Abdi et İlham Ahmed, un ancien coprésident de l'administration autonome du nord et de l'est de la Syrie (AANES).
Doğan a souligné le potentiel de ces interactions pour faire avancer le processus de paix kurde en Turquie, qui implique des négociations entre le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le processus de paix kurde en Turquie, initié en octobre 2024, vise à résoudre le conflit de plusieurs décennies avec le PKK. Les développements récents incluent la création de commissions parlementaires pour superviser les aspects juridiques des pourparlers de paix et l'adoption de la loi-cadre en août 2025.
L'intégration des FDS dans l'armée syrienne et la reconnaissance des droits linguistiques et culturels kurdes marquent un tournant dans le paysage politique syrien.
Au fur et à mesure que le nouveau gouvernement avance, il reste à voir dans quelle mesure ces politiques se traduiront par des réformes durables et si elles apaiseront les tensions avec d'autres puissances régionales.
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