La Colombie est confrontée à un défi critique dans sa capacité à anticiper et à atténuer les catastrophes, selon des analyses récentes mettant en évidence des lacunes entre la connaissance et l'action. Le pays a fait preuve de résilience lors des récentes crises, les communautés s'organisant, les citoyens mobilisant des ressources et les fonctionnaires travaillant sans relâche pour soutenir les personnes touchées.
Bien que le pays soit depuis longtemps conscient de ses nombreux risques, le défi clé consiste à traduire cette prise de conscience en réductions tangibles de la vulnérabilité. Cet écart entre la compréhension et l'action est un objectif central des sciences comportementales et de la psychologie du risque, qui visent à expliquer pourquoi la connaissance d'un danger ne conduit pas toujours à une prévention efficace. L'analyse distingue trois concepts cruciaux souvent confondus: menace, exposition et vulnérabilité.
L'exposition est un autre facteur, avec Bogotá seul représentant 21% de la valeur construite de la nation, et combiné avec les régions voisines, représentant plus de la moitié du total. Les menaces sont des phénomènes naturels, mais les catastrophes sont sociales. Le même tremblement de terre peut causer des résultats très différents selon l'endroit et la façon dont les bâtiments sont construits, les institutions présentes, qui a accès à un logement sûr, la confiance dans les alertes précoces et la capacité des communautés à répondre et à se rétablir. Le département de Chocó illustre cette dynamique.
Déjà identifiée dans l'Atlas des risques de l'UNGRD comme ayant la plus forte perte projetée par unité de propriété bâtie en raison de tremblements de terre, la région a été confrontée à une situation où les vulnérabilités connues ont été aggravées par les conditions existantes.
En comparaison, le Chili, le Costa Rica et le Japon affichent des performances nettement meilleures, avec respectivement moins de 5%, 3% et 3% de bâtiments manquant de résistance sismique adéquate. 9% des bâtiments ont été construits sans respecter les normes actuelles. Le fait d'avoir un code ne garantit pas la conformité, révélant une question complexe impliquant l'application, l'éducation et les attitudes culturelles envers la sécurité.
Un examen systématique de la préparation des ménages aux tremblements de terre indique que le simple fait de connaître les risques est insuffisant. Une atténuation efficace exige plus que la sensibilisation, elle exige des changements structurels, un soutien institutionnel et des changements de comportement sociétal. L'expérience de la Colombie avec les catastrophes récentes sert à la fois d'avertissement et d'occasion de repenser la meilleure façon de renforcer la résilience face aux menaces futures.
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