Ces chiffres contrastés mettent en évidence la complexité d'évaluer la trajectoire économique du Chili. Un mois fort peut exister simultanément avec une économie dont la tendance à la croissance à long terme s'est affaiblie depuis des années. Depuis le début des années 1990, le Chili a progressivement réduit l'écart avec les économies à revenu élevé, mais cette progression a considérablement ralenti au début de la dernière décennie.
Plusieurs facteurs ont contribué à ce changement, notamment la fin d'un précédent boom des produits de base, la réduction de l'élan de la main-d'œuvre, la baisse des investissements et de la productivité, les changements réglementaires, les réformes fiscales et la disparition d'un environnement extérieur exceptionnellement favorable.
Les explications économiques conventionnelles identifient des obstacles réels tels que des permis excessivement longs qui augmentent les coûts et retardent les projets, l'incertitude affectant les décisions d'investissement, les taxes modifiant les rendements, une concurrence inadéquate entravant l'entrée pour des entreprises plus efficaces et une mauvaise allocation du capital et du travail réduisant la productivité.
Même en l'attribuant uniquement à la faible productivité, la question centrale reste ouverte: la productivité englobe divers phénomènes allant de la technologie, de la qualité du capital et du travail, de la réaffectation, de l'échelle, de l'organisation et de l'apprentissage. Sa faiblesse elle-même nécessite une explication supplémentaire. Les indices peuvent résider dans les activités qui ont soutenu une grande partie du succès des exportations chiliennes au cours des décennies. L'extraction du cuivre, la foresterie, l'élevage du saumon et divers secteurs d'exportation agricole ont accumulé des capitaux, des infrastructures, des connaissances, des fournisseurs et des marchés.
Dans l'extraction du cuivre, la baisse des teneurs en minerai et l'augmentation de la demande en eau, en énergie et en infrastructures nécessitent des ressources substantielles pour maintenir et développer la production. Dans le secteur forestier, l'expansion territoriale fait face à des contraintes physiques, environnementales et sociales. Dans l'élevage du saumon, l'augmentation de la biomasse rencontre des limites sanitaires et écologiques. Dans les exportations agricoles, la disponibilité de l'eau, le changement climatique, le travail et la concurrence internationale soulèvent des exigences pour une croissance continue. Cela n'indique pas l'épuisement de ces secteurs.
Alors que l'expansion de la surface, de l'extraction, de la biomasse ou de la capacité installée auparavant généré des augmentations significatives de la production, de nouveaux gains nécessiteront des stratégies et des innovations différentes.Le défi consiste désormais non seulement à étendre les plates-formes existantes, mais à les utiliser pour produire la prochaine génération de capacités.Cette transition souligne la nécessité d'une transformation structurelle et d'une innovation pour soutenir la croissance future.
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