L'ancien président de la Slovénie Borut Pahor a révélé une histoire personnelle de son mandat qui met en évidence comment, même parmi les fonctionnaires de l'État, de véritables amitiés peuvent se former dans des conditions spécifiques. Le récit est centré sur sa relation avec le président italien Sergio Mattarella pendant l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire récente de la Slovénie, au plus fort de la pandémie de COVID-19 au début de 2020. Pahor a décrit comment leur relation a commencé par des réunions formelles mais a progressivement évolué vers une profonde confiance mutuelle. Mattarella a visité la Slovénie deux mois seulement après avoir été élu président de l'Italie.
Pahor a rappelé qu'il avait été surpris par la chaleur et l'humanité montrées par le dirigeant italien lors d'un rassemblement informel.
Un moment charnière s'est produit le 9 avril 2020, lorsque l'épidémie de coronavirus a gravement touché l'Italie, en particulier la région de Bergame. Pahor a appelé Mattarella pour exprimer sa solidarité et ses condoléances pour la situation tragique qui s'y est produite.
Avant cela, Pahor et Mattarella avaient visité le domaine de Bazovica, où ils ont rendu hommage aux victimes du fascisme et des atrocités de guerre. Une photographie des dirigeants se tenant la main est devenue l'un des symboles les plus reconnaissables du différend sloveno-italien.
Le contexte de leur relation implique la dynamique complexe entre la Slovénie et l'Italie, deux pays voisins ayant des histoires entrelacées. Après l'indépendance de la Slovénie en 1991, les deux nations ont cherché la coopération et l'amitié. Le président italien Francesco Cossiga a été le premier chef d'État étranger à visiter la Slovénie après son indépendance, rencontrant le président de l'époque Milan Kucan et le Premier ministre Janez Drnovšek. Malgré les relations diplomatiques officielles, des tensions ont parfois surgi, en particulier en ce qui concerne les questions historiques qui ont affecté le chemin de la Slovénie vers l'adhésion à l'UE.
En 1997, l'Italie, par l'intermédiaire de Bruxelles, a fait pression pour des changements à la constitution de la Slovénie, conduisant à des compromis. Un effort plus récent vers la réconciliation est venu en 2000 avec la publication d'un rapport de la commission historique et culturelle conjointe. Cependant, la politique officielle italienne n'a pas pleinement reconnu le document comme une référence, laissant la place à la rhétorique politique et à la méfiance occasionnelle.
Cette tension a parfois entravé la coopération et la confiance. En 2012 et 2015, Pahor et Mattarella ont assumé des rôles de leadership dans leurs pays respectifs, poursuivant le dialogue initié plus tôt.
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