Pendant des décennies, les scientifiques ont observé un phénomène connu sous le nom d'effet de ferme: les enfants qui grandissent dans les fermes développent moins souvent l'asthme, le rhume des foins et l'eczéma que leurs homologues urbains.
Cependant, des découvertes récentes remettent en question cette explication simpliste. Selon Ege, les enfants élevés dans des fermes sont exposés à un éventail diversifié de micro-organismes présents dans les environnements de grange, ce qui peut aider leur système immunitaire à éviter une réaction excessive à des substances inoffensives.
L'étude d'Ege offre une telle explication en identifiant neuf bactéries spécifiques associées à la protection contre les allergies. Ces microbes semblent jouer un rôle crucial dans la réduction du risque de maladies allergiques. L'équipe d'Ege a analysé des échantillons et des données de santé de plus de 1 000 enfants participant à des études européennes. Les chercheurs ont examiné des écouvillons nasaux et des échantillons de poussière prélevés dans des maisons et des étables de vaches. En utilisant des techniques avancées d'analyse génétique et métabolique, ils ont pu identifier neuf bactéries fortement liées à la protection contre l'asthme et d'autres affections allergiques.
Selon l'étude, ces bactéries représentent environ les deux tiers de l'effet protecteur contre l'asthme et environ la moitié de l'effet contre le rhume des foins et l'eczéma. Les trois conditions, l'asthme, le rhume des foins et l'eczéma, sont collectivement appelées la triade atopique, représentant des troubles allergiques étroitement liés.
Les enfants inhalent ces substances, activant les récepteurs dans leurs voies respiratoires. Cette activation atténue les réponses inflammatoires, réduisant ainsi le risque d'allergies. Le moment de cette exposition semble critique. Ege souligne que les effets observés dans son étude étaient évidents chez les enfants d'âge scolaire, indiquant que les avantages se produisent au début de la vie. Des recherches antérieures suggèrent que cette formation immunitaire pourrait même commencer avant la naissance. Les visites régulières de femmes enceintes dans des environnements de grange pourraient influencer le développement immunitaire du fœtus, offrant potentiellement une protection supplémentaire contre les allergies plus tard dans la vie. Les implications de cette recherche vont au-delà de la compréhension de l'effet de la ferme.
L'identification de métabolites bactériens spécifiques qui protègent contre les allergies ouvre de nouvelles voies pour développer des mesures préventives. Bien que des études supplémentaires soient nécessaires pour confirmer ces résultats et explorer les applications potentielles, la découverte marque une étape importante dans le démêlage de la relation complexe entre le microbiote et la santé humaine. Les scientifiques continuent d'étudier comment ces signaux microbiens interagissent avec le système immunitaire, dans le but de traduire ces idées en interventions pratiques.
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