La première ministre de la Barbade, Mia Mottley, a fermement rejeté une proposition présentée par un politicien britannique suggérant que les anciennes colonies britanniques devraient rembourser le Royaume-Uni pour ses investissements historiques dans leur développement.
Ses remarques ont fait suite à une déclaration faite plus tôt en juillet par Suella Braverman, une ancienne secrétaire britannique à l'Intérieur et membre actuel du parti anti-immigration Reform UK, qui a affirmé que l'Empire britannique avait fait beaucoup de bien pour le monde.
Cette position contraste fortement avec les opinions exprimées par les dirigeants des Caraïbes, qui ont longtemps préconisé la reconnaissance des torts du passé et des formes tangibles de réparation. La discussion sur les réparations a eu lieu dans le contexte d'une initiative régionale plus large impliquant les pays des Caraïbes. Le mois dernier, Mottley a joué un rôle de premier plan dans la formation d'un sous-comité de dirigeants des Caraïbes qui a publié un nouveau manifeste sur les réparations de l'esclavage lors d'une conférence tenue au Ghana.
Il appelle à des excuses formelles de la part des anciennes puissances coloniales, ainsi qu'à des actions concrètes telles que l'annulation de la dette et le soutien financier aux communautés touchées. La Barbade elle-même a pris des mesures décisives pour rompre ses liens historiques avec la Grande-Bretagne. Sous la direction de Mottley, le pays a officiellement mis fin à son statut de monarchie constitutionnelle en novembre 2021, supprimant les derniers vestiges de connexion directe avec la Couronne britannique.
Malgré les discussions en cours et les plaidoyers des pays des Caraïbes, la Grande-Bretagne a toujours maintenu qu'elle n'avait pas l'intention de fournir une compensation financière pour les injustices historiques liées à l'esclavage. Au lieu de cela, le Royaume-Uni s'est concentré sur l'offre de gestes symboliques, tels que des excuses officielles et des initiatives éducatives visant à reconnaître l'héritage de la traite des esclaves.
Le chef des droits de l'homme de l'ONU, Volker Türk, a souligné l'immense ampleur du déplacement forcé des Africains pendant l'ère de l'esclavage. Il a noté qu'entre 25 et 30 millions d'individus ont été déracinés et soumis à l'exploitation, souvent transportés pour travailler dans des plantations dans les Caraïbes et les Amériques.
Ils soulignent que l'accent ne devrait pas être mis uniquement sur la compensation financière, mais aussi sur la reconnaissance des inégalités systémiques et des traumatismes historiques qui continuent d'affecter les communautés descendantes. Avec l'attention internationale sur la question, les prochains mois pourraient voir une pression accrue sur les anciennes puissances coloniales et les institutions mondiales pour prendre des mesures plus concrètes pour s'attaquer à l'héritage de l'esclavage et à ses effets durables.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 5 €/mois.
Devenir soutien