En Serbie, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu le week-end dernier, bien que le président Aleksandar Vucic ait annoncé sa démission. Des milliers de manifestants se sont rassemblés dans différentes villes, dont Belgrade, Novi Sad et Niš, pour protester contre la politique de Vucic. Bien que le président ait annoncé sa décision, il ne voulait pas disparaître complètement de la scène politique.
Les manifestations ne cessent de croître. Ces derniers mois, le mouvement d'initiatives étudiantes s'est transformé en une rébellion sociale plus large. Les manifestants dénoncent la corruption, l'incompétence et le style autoritaire de Vucic.
Les manifestants se sont désormais divisés en différents groupes, dont certains se concentrent sur la revendication de l'État de droit, mais d'autres sur l'autodétermination nationale ou même l'indépendance de la Serbie.
Vucic lui-même a pris, au cours des dernières semaines, plusieurs mesures pour stabiliser sa position. Il a annoncé sa démission en tant que président afin de créer simultanément la possibilité de se retrouver dans le centre politique en tant que Premier ministre. Ce modèle est similaire à celui pratiqué en Russie sous Vladimir Poutine. Vucic était déjà Premier ministre avant d'être élu président en 2014.
Vucic utilise la situation pour renforcer sa base politique et, en même temps, déstabiliser le mouvement de protestation.
Le mouvement de protestation considère cette stratégie comme un élargissement du système autoritaire. Il réclame de nouvelles élections, l'instauration de l'État de droit et l'enquête sur les responsables de la mort des 16 victimes dans la station de métro Vorsteherschaden. Vucic, en revanche, a annoncé que ses plus proches alliés se repentiraient s'ils avaient des problèmes pénaux à cause des manifestations.
Le paysage politique serbe est donc marqué par la tension. Alors que les manifestations s'intensifient et s'organisent, Vucic tente de sauver son pouvoir. L'avenir décide si les manifestants peuvent effectivement atteindre leurs revendications ou si Vucic est toujours en mesure de maintenir son contrôle sur le pays. Les prochains mois seront décisifs, car les élections de 2027 approchent et Vucic essaie d'assurer sa position.
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