Cinq ans après avoir pris le pouvoir, les talibans tentent d'ouvrir l'Afghanistan au tourisme, dans le but de renforcer leur économie en difficulté grâce à un accès contrôlé aux attractions naturelles et aux sites culturels. Cependant, cet effort est éclipsé par des restrictions profondément ancrées sur les femmes et les filles, qui limitent à la fois la participation locale et les expériences des visiteurs internationaux. Le régime a introduit des réglementations strictes exigeant des touristes qu'ils adhèrent aux lois islamiques et culturelles, tout en imposant simultanément de sévères limitations aux libertés des femmes afghanes.
À Kaboul, les marchés regorgent de couleurs vives et de produits frais, mais des membres armés des talibans patrouillent à proximité, surveillant la scène. Dans les rues de la capitale, les enfants mendient devant les voitures, soulignant la crise humanitaire en cours. Pendant ce temps, des palais nouvellement construits et des lieux illuminés organisent des mariages, bien que la musique et la danse restent interdites dans tout le pays. Ces juxtapositions soulignent la réalité complexe de la vie sous le régime taliban.
Les femmes ne sont autorisées à entrer que tôt le matin, et de nombreux hommes choisissent de ne pas visiter, craignant des répercussions pour leur famille. Cette exclusion limite considérablement le potentiel du tourisme et de la croissance économique. Malgré ces défis, les talibans continuent de promouvoir l'Afghanistan comme une destination pour les voyageurs étrangers. Selon le ministère de la Culture, plus de dix mille touristes internationaux ont visité l'Afghanistan l'année dernière. Khubib Ghafran, un responsable du ministère, a souligné la sécurité du pays, la nature intacte, les gens amicaux et les coûts de voyage abordables, exhortant les visiteurs à respecter les normes islamiques et culturelles.
Elle a noté que la présence de membres armés des talibans lui donnait confiance, même si elle reconnaissait les risques associés à un voyage dans un pays où le soutien consulaire n'est pas disponible.
Parallèlement, des rapports indiquent que les talibans ont détenu des personnes travaillant pour des organisations de défense des droits de l'homme et des agences des Nations Unies. Human Rights Watch a révélé que six employés de la Fondation de recherche juridique pour les femmes et les enfants avaient été forcés de disparaître il y a près d'un mois. Leurs familles n'ont reçu aucune information concernant leur localisation ou leur condition. L'organisation a exhorté les talibans à accorder l'accès aux familles et aux représentants légaux des détenus, soulignant qu'ils devraient être libérés à moins d'être accusés de crimes reconnus.
L'ONU n'a pas reçu de détails sur les accusations portées contre eux ni n'a été autorisée à avoir accès aux détenus. Ces incidents mettent en évidence les tensions croissantes entre les organismes internationaux et le régime taliban, en particulier en ce qui concerne la protection des droits de l'homme et le fonctionnement des programmes d'aide. Le cinquième anniversaire de la prise de contrôle des talibans le 15 août marque un moment charnière dans l'histoire de l'Afghanistan.
Les Nations Unies ont documenté l'impact profond de ces politiques, notant que la moitié de toutes les femmes afghanes quittent rarement leur domicile sans la permission des membres masculins de la famille. Cette situation reflète un déclin plus large de l'autonomie et des opportunités des femmes, exacerbé par l'accès limité à l'éducation et à la main-d'œuvre. Le rapport d'ONU Femmes souligne les circonstances difficiles auxquelles sont confrontées les femmes afghanes, 52% déclarant qu'elles ne quittent leur domicile que deux fois ou moins par mois.
Le rapport souligne comment ces contraintes ont aggravé les conditions de vie, de nombreuses femmes signalant une détérioration de leur santé mentale et une perte d'espoir pour l'avenir. Malgré ces défis, certaines femmes nourrissent toujours des aspirations à l'égalité, à l'indépendance financière et à la réussite personnelle. Plus de 68% restent optimistes quant à la réalisation de ces objectifs, indiquant une résilience au milieu des adversités. Cependant, la voie à suivre reste encombrée d'obstacles, alors que la crise humanitaire continue de s'approfondir, affectant des millions d'Afghans qui luttent contre la pauvreté, l'insécurité alimentaire et le déplacement.
★
Gardons l’information honnête.
ObjectiveNews est financé par ses lecteurs et sans publicité : nous vous montrons le biais au lieu de le cacher. Soutenez un journalisme indépendant pour 4 €/mois.
Devenir soutien