Alors que les dirigeants talibans se préparent à commémorer cinq ans de pouvoir en Afghanistan, un responsable des Nations Unies a lancé une alerte sur une crise des droits de l'homme qui affecte des millions de personnes, en particulier les femmes et les filles.
En août 2021, les talibans ont rapidement pris le contrôle de Kaboul. En quelques semaines, le groupe a mis en œuvre des politiques strictes qui ont considérablement réduit les droits des femmes et des filles, les interdisant d'aller à l'école, au travail et dans la vie publique. Au cours des cinq dernières années, les talibans ont publié de nombreux décrets visant à faire respecter une interprétation rigide de la loi islamique, effaçant ainsi les progrès réalisés en matière d'égalité des sexes au cours des deux décennies précédentes.
Parmi les personnes touchées figurent des femmes afghanes comme Maryam, une ancienne étudiante universitaire qui s'est enfuie en Europe après la prise du pouvoir par les talibans.
Le contexte nécessaire pour comprendre la profondeur de la crise révèle un pays qui a connu des progrès significatifs dans l'éducation des femmes et leur participation à la vie publique. Avant le retour des talibans au pouvoir, l'Afghanistan avait fait des progrès notables dans l'élargissement de l'accès à l'éducation et aux soins de santé pour les femmes. Cependant, l'imposition de restrictions sévères a inversé une grande partie de ces progrès, laissant de nombreuses femmes sans accès à l'éducation formelle ou aux opportunités d'emploi. Selon les rapports, le nombre d'étudiantes inscrites dans les universités a chuté de façon spectaculaire après la prise de contrôle des talibans, beaucoup étant contraintes de se marier tôt ou de jouer un rôle domestique.
Des perspectives différentes existent quant à l'impact de ces politiques. Alors que les talibans affirment que leurs mesures s'alignent sur les enseignements islamiques et les normes culturelles, les groupes de défense des droits de l'homme soutiennent que les restrictions constituent une discrimination systémique contre les femmes. Des organisations telles que Human Rights Watch et l'Institut Georgetown pour les femmes, la paix et la sécurité ont documenté la gravité croissante de la répression des droits des femmes, notant que l'Afghanistan est maintenant le seul pays au monde où les filles sont interdites d'accéder à l'enseignement secondaire et supérieur.
Certaines femmes afghanes vivant à l'étranger ont choisi de s'exprimer publiquement, en utilisant leurs nouvelles plateformes pour plaider en faveur du changement dans leur pays d'origine. D'autres restent silencieuses en raison de craintes pour la sécurité des membres de leur famille encore en Afghanistan.
Malgré les défis, ces femmes restent déterminées à contribuer à un avenir meilleur pour l'Afghanistan, même si la voie à suivre reste incertaine. Leur résilience souligne la lutte en cours pour les droits de l'homme dans un pays aux prises avec une profonde transformation politique et sociale.
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